Actualités, évènements et entrevues

Communiqués

3 novembre 2016

Débat avec Yves Gingras au Coeur des sciences de l’UQAM

Par Éditions du Boréal

Les visages de la désinformation scientifique sont nombreux. De quels outils doter autant les chercheurs que les journalistes, en passant par les enseignants et les citoyens, pour combattre ce problème?

Yves Gingras, auteur de L’Impossible dialogue, participe au débat «Comment contrer la désinformation scientifique?» qui aura lieu à l’Agora Hydro-Québec (CO-R500), au pavillon Cœur des sciences de l’UQAM, le jeudi 10 novembre prochain.

Ouverture des portes à 17h30. L’événement est gratuit.

Réservation requise: http://www.coeurdessciences.uqam.ca

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Prix et mentions

2 novembre 2016

Michel Biron remporte le prix Jean-Éthier-Blais 2016

Par Éditions du Boréal

Biron_deSDG_pLe prix Jean-Éthier-Blais a été décerné à Michel Biron pour sa biographie De Saint-Denys Garneau (ex æquo avec Un poète et son double. Jean Narrache – Émile Coderre, de Richard Foisy).

« Le travail de Michel Biron, qui a reposé sur sa connaissance approfondie des écrits du poète, mais aussi sur l’exploitation minutieuse des inédits, de la correspondance et des documents confinés dans les archives, met au jour un Garneau souvent étonnant. La finesse du point de vue, de même que la clarté du propos et l’élégance du style du biographe contribuent au réel plaisir que procure la lecture de ce portrait extrêmement attentif de Garneau. »
Extrait de l’allocution de la présidente du jury

Doté d’une bourse de 3000 dollars, le prix Jean-Éthier-Blais récompense chaque année l’auteur de la meilleure œuvre de critique littéraire portant sur un aspect, un écrivain ou une œuvre de la littérature québécoise de langue française.

Pour plus de détails, cliquez ici

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Communiqués

2 novembre 2016

Luc-Alain Giraldeau de passage à Rimouski

Par Éditions du Boréal

Luc-Alain Giraldeau, l’auteur de Dans l’oeil du pigeon, un essai captivant salué par la critique, sera de passage à Rimouski les 4 et 5 novembre prochains.

En plus d’être présent au Congrès annuel de la Société québécoise pour l’étude biologique du comportement le 4 novembre, il offrira une conférence intitulée  « Darwin une révolution à achever » lors du Salon du livre de Rimouski.

L’événement aura lieu le 5 novembre à 16 h, à la salle Langevin du Centre des congrès de l’Hôtel Rimouski.

Vous pourrez également rencontrer Luc-Alain Giraldeau au stand 75 du Salon, où il sera en séance de dédicace de 13 h à 14 h ainsi qu’après la conférence, soit de 17 h à 18 h.

« Un livre très important. Allez l’acheter! » Serge Bouchard, Radio-Canada

Feuilletez un extrait du livre

Luc-Alain Giraldeau

Dans l’œil du pigeon. Évolution, hérédité et culture

Éditions du Boréal

de passage à Rimouski les 4-5 novembre

Vendredi 4 novembre

Congrès annuel de la Société québécoise pour l’étude biologique du comportement

Samedi 5 novembre – Salon du livre de Rimouski

13h à 14h Signature stand 75

16h à 17h Conférence publique : Darwin une révolution à achever (Salle Langevin)

17h à 18h Signature stand 75

©Ophélie Proulx-Giraldeau

232 pages – 22,95$
ISBN-13 : 9782764624494

« Avec des images claires et une approche digne des grands vulgarisateurs de la science, Luc-Alain Giraldeau raconte l’histoire de la vie sur notre petite planète en orbite, les mécanismes de son évolution et de sa complexification qui ont mené à ces animaux culturels que nous sommes. »

Boucar Diouf, extrait de la préface

Luc-Alain Giraldeau, professeur au Département des sciences biologiques et doyen de la Faculté des sciences de l’UQAM, s’est donné pour objectif de nous faire voir l’étrangeté de ce que nous sommes vraiment. Il démontre l’utilité de l’étude du comportement animal pour l’éclairage nouveau qu’il apporte à notre connaissance de nous-mêmes. Ce qui unit l’humain avec l’ensemble du monde vivant, ce n’est pas un lien ésotérique ou spirituel, mais bien une communauté matérielle : nous sommes, comme tous les animaux, le résultat de ce mécanisme aveugle et froid qu’est l’évolution.

Il rappelle toutefois que l’homme n’est en aucune façon enfermé dans quelque déterminisme que ce soit, car rien n’est plus imprévisible que l’évolution. Il nous met aussi en garde contre la tentation de vouloir trouver dans le monde animal des modèles pour le comportement humain et insiste sur toute la liberté qu’octroie à l’homme cet outil fabuleux que l’évolution lui a mis entre les mains : la culture.

· « Un livre très important. Allez l’acheter ! » Serge Bouchard, Radio-Canada

· Écoutez l’

Luc-Alain Giraldeau

Dans l’œil du pigeon. Évolution, hérédité et culture

Éditions du Boréal

de passage à Rimouski les 4-5 novembre

Vendredi 4 novembre

Congrès annuel de la Société québécoise pour l’étude biologique du comportement

Samedi 5 novembre – Salon du livre de Rimouski

13h à 14h Signature stand 75

16h à 17h Conférence publique : Darwin une révolution à achever (Salle Langevin)

17h à 18h Signature stand 75

©Ophélie Proulx-Giraldeau

232 pages – 22,95$

ISBN-13 : 9782764624494

« Avec des images claires et une approche digne des grands vulgarisateurs de la science, Luc-Alain Giraldeau raconte l’histoire de la vie sur notre petite planète en orbite, les mécanismes de son évolution et de sa complexification qui ont mené à ces animaux culturels que nous sommes. »

Boucar Diouf, extrait de la préface

Luc-Alain Giraldeau, professeur au Département des sciences biologiques et doyen de la Faculté des sciences de l’UQAM, s’est donné pour objectif de nous faire voir l’étrangeté de ce que nous sommes vraiment. Il démontre l’utilité de l’étude du comportement animal pour l’éclairage nouveau qu’il apporte à notre connaissance de nous-mêmes. Ce qui unit l’humain avec l’ensemble du monde vivant, ce n’est pas un lien ésotérique ou spirituel, mais bien une communauté matérielle : nous sommes, comme tous les animaux, le résultat de ce mécanisme aveugle et froid qu’est l’évolution.

Il rappelle toutefois que l’homme n’est en aucune façon enfermé dans quelque déterminisme que ce soit, car rien n’est plus imprévisible que l’évolution. Il nous met aussi en garde contre la tentation de vouloir trouver dans le monde animal des modèles pour le comportement humain et insiste sur toute la liberté qu’octroie à l’homme cet outil fabuleux que l’évolution lui a mis entre les mains : la culture.

• « Un livre très important. Allez l’acheter ! » Serge Bouchard, Radio-Canada

• Écoutez l’entretien avec Chantal Srivastava et Yanick Villedieu, Radio-Canada

Consultez la page Web de l’auteur.

Feuilletez un extrait en ligne.

entretien avec Chantal Srivastava et Yanick Villedieu, Radio-Canada

Consultez la page Web de l’auteur.

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Prix et mentions

27 octobre 2016

Laurent Theillet finaliste du prix Alvine-Bélisle 2016

Par Éditions du Boréal

theillet_poemes_wTheillet_LaurentLe comité du prix Alvine-Bélisle de l’Association pour l’avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED) a annoncé les noms des cinq finalistes sélectionnés pour le prix Alvine-Bélisle 2016, qui récompense le meilleur livre jeunesse publié au cours de l’année. Laurent Theillet est en lice pour Les poèmes ne me font pas peur. Les cinq titres finalistes ont été choisis parmi près de 200 livres soumis cette année à l’ASTED !

À propos des Poèmes ne me font pas peur :

« Il s’agit là d’une œuvre puissante, savamment construite, écrite avec beaucoup de sensibilité et qui saura assurément réconcilier bien des gens avec la poésie. »
Marie Fradette, Les Libraires

« Un véritable coup de cœur. Laurent Theillet réussit à créer une histoire continue au fil de ce poème, un récit touchant sur la solitude et le deuil, mais aussi sur l’adolescence en général. Il y a des images éblouissantes au fil [de ces] pages, des perles poétiques. »
Sophie lit

Le nom du lauréat sera dévoilé le 31 octobre au Centre Mont-Royal à l’occasion du Congrès des professionnels de l’information. Ce dernier recevra une bourse de 1 000 $ ainsi qu’une plaque commémorative.

Retrouvez toutes les informations et le nom des finalistes sur la page Facebook de l’ASTED.

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Non classé

21 octobre 2016

Rencontre avec Jacques Godbout à la bibliothèque Robert-Bourassa

Par Éditions du Boréal

Le mercredi 26 octobre 2016, de 10 h 30 à 12h, Marie-Anne Poggi animera un entretien avec l’écrivain et cinéaste Jacques Godbout.

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L’événement aura lieu à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont, située au 41 avenue St-Just (entre Wiseman et Outremont).

Cette activité est gratuite et ouverte à toutes et à tous. La réservation est cependant obligatoire : 514 495-6208 ou par courriel: bibli.outremont@ville.montreal.qc.ca

Donnez votre nom, prénom, numéro de téléphone et le nombre de personnes que vous désirez inscrire à la rencontre.

Soyez au rendez-vous !

© Frederick Duchesne

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Prix et mentions

20 octobre 2016

Patricia Smart lauréate du Prix du livre d’Ottawa 2016

Par Éditions du Boréal

Smart_marie-nelly_wsmart_patricia©Valberg_ImagingLes lauréats des Prix du livre d’Ottawa 2016 ont été annoncés lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville d’Ottawa. Patricia Smart remporte le prix dans la catégorie « œuvre de non-fiction en français » pour son essai De Marie de l’Incarnation à Nelly Arcan. Se dire, se faire par l’écriture intime.

Une étude remarquable sur l’écriture intime des femmes au Canada français et au Québec, du genre qui fait école. La recherche est colossale, l’écriture est fluide, les références sont précises. Un vibrant hommage aux écrivaines d’ici, d’hier à aujourd’hui. Le livre d’une vie, à lire et à relire.

Commentaire du jury


Les Prix du livre d’Ottawa récompensent les meilleurs livres publiés en français et en anglais par des auteurs qui résident dans la ville d’Ottawa. Un prix de 7 500 $ est remis à chacun des lauréats.

Il s’agit d’une nouvelle distinction pour Patricia Smart, dont l’essai a déjà remporté les prix Gabrielle-Roy et Jean-Éthier-Blais.

Pour plus de détails, cliquez ici

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Événements

20 octobre 2016

Rencontre avec Luc-Alain Giraldeau à la Librairie Monet

Par Éditions du Boréal

Luc-Alain Giraldeau sera présent ce soir, dès 19h00,  à la librairie Monet pour discuter de son live « Dans l’oeil du pigeon ».

Il faut écouter et voir cet excellent communicateur exposer ses idées et ses réflexions sur le développement de l’humain.

Réservez vos places au 514-337-4083 ou evenements@librairiemonet.com.

Pour en savoir plus: http://bit.ly/2e4GjIp

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entretien

17 octobre 2016

Entretien avec Serge Bouchard

Par Éditions du Boréal

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Votre nouveau livre est tout empreint d’une poignante nostalgie. Aujourd’hui, même les œuvres des écrivains qui ont la trentaine en sont souvent imprégnées. Pourquoi notre époque est-elle si nostalgique?

Je crois que l’humain est condamné à la nostalgie. C’est un animal nostalgique. À ce titre, la nostalgie est bonne pour la santé de l’être, c’est un remède à cultiver. Bien sûr, les sociétés passent au travers de diverses époques, des années folles, des années d’oublis. Nous traversons d’ailleurs une époque semblable : l’effervescence numérique, l’emportement techno, la foi en la science. Tout cela nous distrait de notre propre temporalité. Et la nostalgie aura mauvaise presse tant que nous vivrons dans un monde obsédé par le présent et le futur. Il est donc normal pour les gens normaux de réagir et de se rappeler à l’ordre de leur propre exil.

Vous commémorez la mémoire de tous ces Canadiens français qui ont construit l’Amérique pour être oubliés ensuite. La cause de cet oubli réside-t-elle dans la suprématie militaire du monde anglo-saxon ou dans l’esprit rebelle des coureurs des bois?

La grande aventure canadienne-française en Amérique fut oubliée. Le monde anglo-saxon n’en veut rien savoir. Cette part de nous-mêmes qui a couru les bois, les montagnes, les grandes plaines, les déserts, n’avait pas la fibre chroniqueuse, elle n’a pas eu le réflexe de l’autopromotion. Cependant, la vraie raison de cet oubli, ce fut l’histoire nationale du clergé catholique qui enferma le Canada français dans une gaine de vaincus, de petits cultivateurs, de colons, de moutons, de petits pains et de petits destins. C’est le récit nationaliste catholique qui nous a rapetissés.

Vous dénoncez « le bruit que font nos sociétés trop cultivées ». En même temps, vous montrez une passion dévorante pour la conservation de chaque bribe du passé. « Ma folie à moi, c’est la rechercher du temps perdu », écrivez-vous. N’y a-t-il pas là une contradiction?

Je ne vois pas de contradiction. Le bruit dont je parle est un divertissement, une distraction, un éparpillement superficiel. Nous sommes trop informés, pas assez réfléchis. Voilà le sens de cette phrase. Je fais la promotion de la profondeur et de la complexité. J’entends « cultivées » dans le sens de « raffinées », « ramollies », « impertinentes ». Car je respecte trop le savoir pour le condamner.

Pensez-vous que nous puissions célébrer le passer sans dénigrer le présent?

Il ne s’agit pas de dénigrer le présent. Certains présents méritent d’être critiqués, certains présents sont difficiles à supporter. En principe, le passé sert à bonifier le présent, il lui donne de la profondeur et de la perspective. Sans passé, pas de futur. Je ne crois pas dénigrer le présent. C’est juste qu’il nous est permis de détester notre époque.

Quel rôle la littérature joue, peut ou doit jouer dans notre société?

Voyons cela comme une donnée d’espèce : l’humain n’est jamais aussi beau ni aussi fort que lorsqu’il exprime ses sentiments, ses images, son imaginaire, dans un cadre où il essaie de résoudre ses contradictions, de faire face à ses démons, de rendre compte de son émerveillement. Dans le giron de la condition humaine, rien n’existe qui n’est d’abord dit. L’art de dire en est un vieux, c’en est un grand, et ce n’est pas parce que nous prenons aujourd’hui la parole à la légère qu’elle est légère pour autant. C’est vrai, de nos jours, il se dit trop de choses, il s’écrit trop de livres, car plus personne ne prend l’affaire trop au sérieux.

La littérature fut orale pendant la majeure partie de l’existence des humains sur terre. Parler fut pendant des siècles un acte grave, très réfléchi, qui a donné lieu à des représentations d’éloquence, de rhétorique, qui a donné lieu à des discours, des plaidoyers, des représentations. Cette parole originelle, dans des milliers de langues, a d’abord domestiqué le champ sauvage de la poésie. La tradition orale a créé le mythe, le théâtre, le récit, le grand récit. L’humanité n’est jamais aussi humaine que lorsqu’elle se raconte. L’invention de l’écriture a ouvert la porte à des publics infinis. Le lecteur est intemporel, il lit et participe, c’est lui qui justifie l’œuvre.

Nous avons cru qu’il existait des sociétés sans littérature, et nous les avons méprisées, les pauvres. Mais en réalité, il n’existe pas de sociétés sans récit. Toutes se tiennent par le regard qu’elles portent sur elles-mêmes. Au-delà des codes de conduites, des coutumes et des mœurs, la littérature orale ou écrite est un liant qui transcende le tout. Je crois que c’est le récit, donc la littérature, qui fait de nous ce que nous sommes. Se dépasser, c’est se raconter.

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Prix et mentions

17 octobre 2016

André Habib remporte le prix Spirale Eva-Le-Grand

Par Éditions du Boréal

habib_leaud_wHabib_AndreLe magazine culturel Spirale a annoncé que le lauréat du prix Spirale Eva-Le-Grand 2016 est André Habib pour son essai La Main gauche de Jean-Pierre Léaud.

Nous avons reconnu dans La Main gauche de Jean-Pierre Léaud une archéologie aussi brillante qu’originale de la cinéphilie d’ici et d’ailleurs. En présentant les nombreux souvenirs du cinéma que l’auteur a accumulés sous la forme d’une multiplicité de voix anonymes, l’ouvrage permet non seulement de saisir le caractère topologique de la mémoire et l’inventaire sensible des amoureux du cinéma, mais de concevoir l’envergure des communautés qui habitent le temps.

Commentaire du jury

Le prix Spirale Eva-Le-Grand est décerné chaque année pour un essai ou un recueil d’essais portant sur les arts, les lettres ou les sciences humaines ou toute question touchant à la culture.

Le prix sera remis lors d’une cérémonie publique, le 17 octobre à 18h, à la librairie du Square (3453 rue Saint-Denis).

Pour lire le communiqué, cliquez ici

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entretien

17 octobre 2016

Entretien avec LOUIS HAMELIN

Par Éditions du Boréal

Autour eva_wDepuis La Constellation du Lynx, on sent chez vous une fascination pour la politique, surtout sa face sombre. Qu’est-ce que le roman peut apporter à la politique, et la politique au roman?

Le roman pourrait apporter quelque chose à la politique si les politiciens lisaient des romans. Dans un monde idéal, le roman pourrait même contribuer à former de meilleurs électeurs, en ouvrant l’imagination, en élargissant le spectre des possibles. Mais depuis que le roman a pratiquement disparu de la place publique (ce n’est pas de lui qu’on discute autour de la machine à café, en tout cas, ni même dans un souper entre amis intellos, où ce sont les séries télé américaines pigées sur Netflix qui monopolisent maintenant la conversation), depuis, donc, que le roman a quitté la place publique (mais l’a-t-il vraiment déjà occupée ?), son rôle comme « influenceur d’opinions » est forcément très réduit.

La politique, par contre, peut apporter beaucoup au roman. Le pouvoir est une machine à fabriquer des histoires, comme Shakespeare l’avait bien compris. Je suis toujours surpris de constater à quel point les Québécois sont frileux sur ce plan. Quel romancier a osé aller renifler du côté du Bunker ? L’ironie romanesque se prête merveilleusement bien à la description de l’univers politique. Or, la politique est un monde bridé, aux antipodes de la liberté du littérateur. C’est un peu déprimant. Un René Lévesque n’est plus possible aujourd’hui. Le romancier peut au moins se consoler en le ressuscitant dans ses livres…

L’Abitibi et sa nature jouent un très grand rôle dans ce roman. Qu’y voyez-vous de si particulier?

Ça aurait aussi bien pu être le Saguenay ou la Côte-Nord. Il se trouve que j’ai passé quelques années de ma vie d’écrivain dans la forêt abitibienne, et mon univers romanesque en a été comme tout naturellement imprégné. Mais, en fait, le conflit qui est au centre de Autour d’Éva m’a été inspiré par un projet de développement qui visait un lac de la Mauricie. J’ai pris le superhôtel de M. Sylvain Vaugeois (un ami de Bernard Landry et du sérail péquiste, en passant…) et je l’ai déplacé en Abitibi ! Cela dit, je suis un amant fou de la forêt, et en Abitibi, il n’y a pas de montagnes, pas de mer ou de fleuve pour faire diversion : on est devant la forêt jusqu’à l’horizon. Et c’est encore mieux quand elle n’est pas défigurée par les coupes à blanc et les puits de mine…

Vous exprimez un scepticisme certain devant l’action écologique et sociale. Croyez-vous qu’il s’agit là d’un combat dépassé?

Dépassée, l’action écologique et sociale ? Jamais de la vie ! Est-ce que le débat sur l’extraction pétrolière et les pipelines est dépassé ? Au contraire, l’action environnementaliste et citoyenne est plus que jamais au centre de l’actualité. Développeurs contre défenseurs de l’environnement : du marais de la rainette jusqu’au macrocosme climatique, c’est le schéma de base des trois quarts des affrontements politiques qui font les manchettes. Dans ma vie personnelle, je suis un farouche partisan de la préservation intégrale du plus grand nombre de milieux vivants et de forêts vierges possible. Je ne suis pas « sceptique » par rapport à la pertinence du combat pour la survie du monde sauvage. Juste un peu découragé, des fois, tellement la ligne de front est étendue. Découragé devant le nombre de feux à éteindre… et sans cesse rallumés, parce que l’humanité, quand elle ne donne pas l’impression de régresser, évolue, au mieux, à pas de tortue.

Dans mon roman, il y a une double réflexion qui s’articule autour, d’une part, de la question de l’engagement social et environnemental des artistes connus, et d’autre part, des effets néfastes d’un power trip dans n’importe quel contexte politique. Mais la réflexion ne prend jamais le pas sur la fiction. C’est l’histoire d’Éva que je raconte. Et j’ai voulu avant tout écrire une bonne histoire.

Votre roman est tout sauf politically correct. Vous prenez une grande liberté à montrer les paradoxes, souligner les aspects peu reluisants de certaines icônes, de certains personnages publics québécois. Craignez-vous les réactions du public?

À part René Lévesque et le docteur Laurin, qui sont des monuments, plus un petit coup de griffe à Lucien Bouchard et des clins d’œil sympathiques à une couple de journalistes, je n’identifie, dans Autour d’Éva, aucun « personnage public québécois ». Les gens seront peut-être tentés de rapprocher Dan Dubois de Jean-Claude Lauzon, de Roy Dupuis ou de Richard Desjardins, mais c’est leur problème. La vérité, c’est que Dan Dubois, comme Chevalier Branlequeue dans La Constellation, est une pure fabrication et une créature aussi composite que le monstre de Frankenstein.

Croyez-vous que le Québec soit devenu « sage », incapable d’autocritique? Sommes-nous devenus frileux?

Le Québec n’est pas sage, il est satisfait. C’est bien pire. Pour ce qui est de la frilosité et de la critique, on devrait se chicaner un peu plus souvent. Ça nous ferait du bien.

Quel rôle la littérature joue, peut ou doit jouer dans notre société ?

Le seul rôle de la littérature, c’est d’être une école de liberté. Toute autre mission qu’on pourrait vouloir lui confier est réductrice et la rend beaucoup moins intéressante.

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Les Éditions du Boréal
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