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Jeunesse

30 mars 2012

Entrevue avec André Marois pour la publication de La Forêt des insoumis

Par Éditions du Boréal

Andre MaroisLa Foret des insoumisAprès Mesures de guerre (Boréal Junior, 2010, finaliste du Prix des libraires), et En Mai, fais ce qu’il te plaît (Boréal Junior, 2011), André Marois nous propose un  troisième roman à saveur historique La Forêt des insoumis, sur la conscription au moment de la Première Guerre mondiale. L’auteur a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cette histoire?

L’illustratrice Geneviève Côté a eu la gentillesse de me confier le journal intime tenu par son grand-père, René Jolicoeur, alors qu’il était insoumis, caché avec d’autres camarades dans la forêt durant l’été 1918. Ce journal est inédit, c’est un document unique et passionnant. L’idée d’en faire un roman m’a plu. Geneviève et sa mère – Lucie Jolicoeur-Côté, la fille de René Jolicoeur – m’ont aussi beaucoup parlé de leur père et de leur grand-père. En dehors de ce journal et de ce que m’avaient dit Geneviève et sa mère, je n’avais que peu d’informations sur cette période de sa vie.

En quoi La Forêt des insoumis diffère du Journal? Avez-vous ajouté ou modifié des personnages, des faits?

Le Journal n’est pas un roman. Il m’a donc fallu y ajouter une intrigue, un suspens et travailler les personnages et leurs rapports. J’ai gardé tous les personnages du journal: les cinq insoumis et les deux oncles. J’ai inventé le personnage du petit frère de William, qui m’a permis de créer une trame polar, plus captivante pour les jeunes lecteurs et plus dans mon style. J’ai gardé l’esprit et certains dialogues, mais j’ai modernisé la narration.

Une double page du vrai journal d'un insoumis rebelleUne double page du vrai journal d'un insoumis rebelleEn quoi a consisté cette modernisation?

La journal est rédigé à la première personne du singulier ou du pluriel. Les faits s’enchaînent, écrits au passé, souvent de façon télégraphique. J’ai plutôt choisi de donner la parole à un narrateur omniscient et de raconter mon histoire au présent pour la rendre plus dynamique. J’ai aussi ajouté des dialogues, pour faire vivre les personnages, les entendre se disputer ou se questionner. Enfin, j’ai découpé mon roman en onze chapitres qui résument les périodes marquantes pour les Insoumis dans la forêt.

Comment vous êtes-vous documenté sur cette période de notre Histoire?

J’ai d’abord lu et relu le journal de René Jolicoeur. Comme René et son frère lisent beaucoup les journaux, j’ai moi aussi lu La Presse et Le Devoir de cette époque, pour savoir ce qu’on y racontait. J’ai aussi lu un essai intitulé Déserteurs et insoumis, les Canadiens français et la justice militaire (1914-1918), de Patrick Bouvier. Ainsi que la section traitant de la Première Guerre mondiale dans Histoire populaire du Québec 1896-1960, de Jacques Lacoursière.

D’après vous, pourquoi les Insoumis refusaient de devenir soldat et de défendre leur pays?

Beaucoup de Québécois refusaient de partir en réaction au pouvoir anglais au Canada. Ils considéraient que l’armée canadienne, sous les ordres d’officiers anglophones, ne les représentait pas. D’autres, comme René Jolicoeur, étaient des objecteurs de conscience. Très pieux – catholiques –  ils refusaient l’idée de porter les armes et d’aller se battre contre d’autres hommes. Il est important de rappeler que c’est la conscription obligatoire déclarée en octobre 1917 qui a posé problème. La réaction négative des Canadiens français était le signe d’un clivage évident entre francophones et anglophones.

La Forêt des insoumis, en librairie.
Feuilletez un extrait du livre !

La Foret des insoumis

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