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Entrevue : Marie-Claire Blais présente son nouveau roman Le Jeune Homme sans avenir

Par Éditions du Boréal

Marie Claire Blais Le jeune homme sans avenirMarie-Claire Blais publie son nouveau roman, Le Jeune Homme sans avenir, le sixième opus de la fresque Soifs. L’auteur a bien voulu répondre à quelques unes de nos questions.

Comment présenteriez-vous Le Jeune Homme sans avenir, sixième opus de votre fresque Soifs?
Nous sommes toujours dans le monde actuel, avec les drames d’aujourd’hui. Comme les livres précédents, ce livre 6 contient des anciens personnages et des nouveaux, mais toujours inspirés par les gens que nous voyons vivre autour de nous aujourd’hui, en ce temps bouleversé et accéléré qui est le nôtre. Ici, ce sont plusieurs jeunes (et moins jeunes ) pour qui l’avenir est difficile ou troublé. Le drame abordé dans ce livre est la vie des jeunes itinérants dans les rues. Il y a d’autres questions qui sont traitées, mais ce qui ressort davantage de ce livre, c’est la solitude de plusieurs de ces enfants qui se sentent sans avenir…

Vous avez commencé Soifs en 1995. Que sont les personnages pour vous? Que sont-ils devenus ?
La suite romanesque débutée en 1995 avec Soifs, livre premier, est devenue plus large, contenant davantage de situations et de personnages liés à notre temps. Avec Soifs, on entrait dans une île qui pourrait être le monde (un monde ici rétréci, microscopique) et on rencontrait des pauvres, des artistes, des gens très privilégiés, des enfants, de jeunes gens sur qui planait le malheur du sida, un juge, des boat people. On entrait dans ce temps mouvementé qui est le nôtre, avec des gens semblables à nous, du moins, incarnant un peu ce que nous sommes. C’est la description d’une petite humanité très contemporaine mais aperçue à travers une vision assez impressionniste, malgré l’ancrage dans le réel et l’actualité.

3. Au départ, Soifs était une trilogie. Le Jeune Homme sans avenir est le sixième opus. Comment se fait-il que vous restiez autant attachée à vos personnages?
Oui, au départ Soifs devait être une trilogie, mais j’ai vite pris conscience de la complexité de l’entreprise de décrire notre temps en trois livres seulement. Les personnages, comme les êtres qui nous entourent, croissaient autour de moi. Écrire Soifs, c’était comme tisser des liens avec de vraies personnes, de vraies vies : une découverte multiple et qui devait s’étendre sur plusieurs livres.

4. Le monde contemporain est très présent dans vos livres.
Le monde contemporain est le sujet de ces livres : ce que nous ressentons, ce que nous vivons très vite, et les inquiétudes qui déchirent les vies, comme la menace nucléaire, par exemple, ou toute pensée de destruction de notre monde par nous-mêmes. Mais à travers cela, il y a des enfants heureux qui grandissent (comme dans la famille de Mélanie et Daniel, dans le premier roman), il y a l’espoir, la création, sujet très important dans ces livres.

5. Il y a des thèmes récurrents comme la souffrance, l’exclusion, les minorités sexuelles, mais aussi l’art, la musique, la littérature, l’écologie plus récemment… Pourquoi les travestis, les écrivains, les artistes sont-ils aussi présents dans votre œuvre ?
Les travestis, les artistes, l’art, la musique, la littérature… Tout est présent dans Soifs, comme tout est présent dans la vie. Nous vivons ainsi, les uns parmi les autres. Ce qui nous sépare, c’est la haine ou l’existence répétée de nos préjugés. Dans un livre comme Soifs, et les autres qui suivent, personne n’est exclu, comme si on entendait les voix d’un chœur, toutes les voix, même ces voix que nous n’avons pas l’habitude d’entendre.

Aujourd’hui, nous avons une vision globale du monde à travers la voie médiatique. Ainsi le monde de la nuit (celui des travestis et des artistes de nuit, dans Mai au bal des prédateurs) se confond à la nuit silencieuse de Mère, femme très respectable, qui, très malade, écoute la musique de Schubert dans la chambre où elle s’est retirée, loin de ses enfants. Ces gens ne se connaissent pas entre eux, mais une même soif d’harmonie les unit. Dans Le Jeune Homme sans avenir, les jeunes qui vivent dans la rue (dont Fleur, qui fut un grand musicien) se mêlent aux vieilles personnes comme Lucia, qui ont perdu la mémoire et qui errent aussi dans la rue, sans trop savoir où elles vont (bien que Lucia ait une maison, des animaux domestiques mais ne s’en souvienne plus). C’est toujours ainsi dans ces livres, une humanité vivante toujours en mouvement.

Le Jeune Homme sans avenir est en librairie et en format numérique.
Feuilletez un extrait du livre sur le site Internet

La fresque Soifs comprend :
Soifs
Dans la foudre et la lumière
Augustino et le chœur de la destruction
Naissance de Rebecca à l’ère des tourments
Mai au bal des prédateurs
Le Jeune Homme sans avenir

Marie Claire Blais Le jeune homme sans avenirmai au bal des predateurs

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